Patrice et Pierre au sommet des Pics de Sindou
A Banfora, le choc a été un peu plus violent que pendant nos séjours à Bobo ou Ouaga.
Banfora est une ville pauvre, entourée d’une " banlieue " pauvre, dans une région pauvre. Bref, c’est très pauvre et ça se voit.
A Banfora, nous avons croisé Patrice. Il est guide (reconnu par l'organisation nationale du tourisme au Burkina) et attend les touristes à la sortie des bus à la gare routière de Banfora. C’est là que nous l’avons rencontré.
Il nous a amené à notre " hôtel ", Les Roniers, (un super petit complexe composé de petites cases très sympas autour d’un restaurant qui sert une très bonne nourriture locale) et nous a proposé des excursions. Nous avons décidé d’en faire une avec lui aux Pics de Sindou, la curiosité géologique du coin. Le lendemain, équipés d’un truc à 2 roues entre la moto et la mobylette (la motobylette), nous avons pris les pistes de Sindou. Evidemment, on a crevé, mais ça, c’est obligatoire dès qu’on prend la route (enfin, les pistes) : ça fait partie du charme et surtout, c’est comme ça que l’on découvre les villages et l’hospitalité incroyable des gens. Donc, sur le chemin, nous avons visité un petit village. C’était le jour du marché et nous en avons fait le tour. Les Burkinabé vendent des choses incroyables ! On ne croirait pas que cela existe. En l’occurrence, ils vendent des pastilles de lait à diluer dans les boissons. Au premier abord, on pourrait croire que ce sont des cachets, mais non, rien à voir, juste du lait? Ils vendent des vélos qui ont 50 ans, des tee-shirts portés de milliers de fois. Au marché, chacun trouve ce qu’il cherche. Après plus de 50 Km, et avec les fesses en gelée, nous sommes arrivés à Sindou. Je vous l’accorde, géologiquement parlant, le site n’a rien d’exceptionnel, ce sont juste des cheminées de fées de pierres noires. Mais les explications de Patrice qui vont avec, elles, étaient vraiment sympas à écouter. Il nous a raconté les griots qui se réunissaient dans cet endroit magique, les sacrifices, les fêtes en l’honneur des dieux, les touristes trop inconscients de des esprits qui règnent ici et qui ont disparu pour n’avoir pas respecté le caractère sacré du lieu... On a beaucoup apprécié ses descriptions et on sentait qu’il adorait faire découvrir sa culture ! Des fois, il s’emballait tellement qu’on était obligé de se concentrer pour comprendre sa manière de parler ultra rapide !
Sur le chemin du retour, nous avons visité un tout petit village, Sitiana. Et là, nous avons pris une claque monumentale. Les vieux à moitié nus devant leurs cabanes en terre, les enfants sales et avec les ventres rebondis (que l’on ne croit pas réels même dans les reportages) et des nombrils protubérants parce que mal coupés à la naissance, la maigreur de certains visages, les peaux attaqués par le soleil et parfois rongées par les maladies? Et malgré cela, des sourires radieux. Que dire face à tout ça ? Que faire ? Comment se comporter ? Eh bien, naturellement. Avoir le sourire si on en est capable ou ne pas l’avoir si ce n’est pas possible, serrer toutes les mains que l’on vous présente (et il y en a !), rendre visite au chef du village, parler aux vieux qui ne vous comprennent pas, ramener des petits jouets aux enfants, et profiter de ces sourires radieux. Et voilà, vous faites partie de la famille, du clan? Du moins pour quelques instants. Personne ne vous regardera jamais de travers ou ne murmurera dans votre dos que vous n’avez rien à faire ici. Ce n'est pas le cas dans tous les pays du monde : suivez mon regard.

